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Le tour du monde en 80 jours : drolatique et haletant !
10 Fév
2019

Le livre de Jules Verne a enchanté votre enfance, la comédie jouée allègrement par la troupe du théâtre du Palais Royal réjouira votre esprit ! On y saute, rit, rebondit, fait assaut de jeux de mot et la mise en scène est bien enlevée !

Le charme très british fait toujours son effet et le grand Phileas Fog est magnifique de flegme et d’élégance en sachant par moment se laisser aller ! Il va gagner son pari mais quelle course, parsemée d’embuches et d’aventures drolatiques. Les acteurs s’amusent follement dans leurs scènes baroques entre les Indes, les Amériques, le bateau ou le chemin de fer..

On rit, on participe en manifestant sa joie..les rôles changent selon les moments avec brio et panache. Bravo à l’attaché diplomatique qui met de tampon sur le passeport et s’épuise le poignet ! Félicitations à l’agent policier qui bouge et marque sa place. La seule femme qui joue la princesse indienne est magnifique dans ses danses et ses chants, très envoutante !

Bref, cette pièce qui en 10 ans, a connu 3 000 représentations, est un joli moment de comédie, elle est repartie pour 50 représentations, il faut y courir.

Mise en scène : Sébastien Azzopardi, comédie de Sebastien Azzopardi et Sacha Danino

Le tour du monde en 80 jours, 4 square Rapp 75007 Paris, location : 01 40 67 77 77

« Comme en 14 », magnifique !
31 Jan
2019

Emouvant et drôle, vrai et un brin suranné vue de 2019, le théâtre La Bruyère nous régale d’un spectacle vibrant, juste et tellement bouleversant.Une infirmière, Mademoiselle Marguerite, la cinquantaine bien en chair, visage rond qui montre sa fatigue, en costume blanc début XXe siècle, s’affaire en maugréant, attrape un clope caché dans la commode, tire quelques bouffées en écartant d’un geste puéril la fumée..Une autre, Suzy, jeune, avenante, plutôt joyeuse entre à son tour, discute d’un patient…Elle est bénévole et engagée dans le mouvement pacifiste, elle aimerai tellement que les guerres cessent définitivement.

Nous sommes en 1917, derrière les lignes du front proche de l’Allemagne, dans un hôpital de fortune d’une petite ville, la guerre fait rage, les obus tombent dans un fracas d’enfer.

Cette mini société, composé de générations et de milieux différents, essentiellement féminine hors le jeune fils de la comtesse peu apte pour le combat, montre sa fatigue du travail harassant, la peur, l’inanité de la guerre, le courage, la lâcheté.. Avec des éclats de rire, la tristesse, le partage et la convivialité le soir de Noël, la vie est la qui veut triompher.

La pièce est un beau témoignage du travail, du courage de l’engagement sans faille des femmes pendant cette guerre atroce. On les appelait les « anges blancs », elles vont nous émouvoir, nous faire rire mais aussi nous faire essuyer furtivement une larme.

Malgré la guerre, l’espérance est sous-jacente

De leur accords ou désaccords, de leurs échanges vifs ou affectueux, de leurs ripailles partagées le soir de Noël, de leurs gestes posés entre amputation et soins précis, va monter s’élever cette pièce, véritable hommage aux anges blancs. Le décor est sobre, dans le goût de l’époque, on se croirait remonter il y a un siècle, la mise en scène de Yves Pignot, tout en réalisme mais sans voyeurisme.
Chacune joue avec justesse sa partition, de Marguerite alias Marie Vincent, très présente sur scène, à la Comtesse Adrienne jouée par Virginie Lemoine méconnaissable en dame digne effondrée de douleur pour son fils, de Suzy ou Ariane Brousse enjouée, fine et débordante de vitalité à Louise alias Katia Miran, si fragile en apparence qui aide du mieux qu’elle peut, attendant son fiancé parti au front. Sans oublier Pierre, fils d’Adrienne attardé mental, magnifiquement interprété par Axel Huet.
Bref, « Comme en 14 » est à voir absolument qu’on soit jeune ou vieux, femme ou homme… pour se rappeler !

Comme en 14, théâtre la Bruyère, 5 rue La Bruyère 75009 Paris, tel : 01 48 74 88 21 et www.theatrelabruyere.com