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Seul en scène, dans le silence sibérien

    La Sibérie, ici, n’a rien de refroidissant, même si le narrateur nous égraine au fil des jours, la température tout de même polaire. Le texte est beau, bien troussé, même si l’idée n’est pas neuve, l’envie de solitude si séduisante  !

L’acteur, William Mesguich, joue, et avec talent, le rôle de l’écrivain-aventurier Sylvain Tesson, qui a fait choix de s’isoler plusieurs mois au milieu des forêts de Sibérie. Entre l’envie d’isolement et le fait, il faut sauter le pas. De l’idée à l’action, vraie ascèse sans superflue !

      Ici, on coupe son bois soi-même, se nourrit de poisson sans oublier quand même, un petit coup de vodka. On apprivoise une mésange, admire de très prés un ours, discute rarement avec un lointain voisin…Terrain propice à la réflexion, la lecture, regard sur le temps qui passe et les paysages enneigés.

     La langue est riche, mêlée de vraies pépites et d’humour, le fond le disputant à la forme poétique, « je ferai scintiller les méandres d’une pensée simple, pleine. Directe. Magnifique » explique William Mesguich, qui réussit bien son affaire !

      Entre sensation, le vent hurlant et cinglant sur sa figure, le goût de la rasade d’alcool, et recul sur sa vie, distanciation où se mêle souvenirs d’avant et impression de maintenant, la perte des repères associée à la prise de risque, favorise cette forme de recul sur soi. C’en est jubilatoire et vraiment on apprécie la musique, mais, mais, il manque un élément.


         En effet, bien dommage que cette soif d’absolu, favorisée par la solitude choisie, la beauté de la nature, la neige et la froidure, ne débouche pas sur la découverte d’une forme de transcendance. Le rejet de la compagnie des autres, de la consommation futile, du vain bavardage aurait tout naturellement pu déboucher sur la rencontre avec le Créateur. La poésie du texte, la beauté du verbe ne servent, pour finir, que le personnage tout plein de lui, ses états d’âme, ses lectures, ses occupations au ralenti. On en vient à penser aux moines du désert, ces ermites partis pour la vie, au IIIe siècle après JC, dans les déserts d’Egypte ou de Syrie tout concentrés, tendus vers le silence habité par Dieu.

    Sylvain Tesson n’a pas exploré ou voulu découvrir cette facette divine en tout homme. On peut le regretter.

   Néanmoins, cette pièce se dévoile avec plaisir et il faut y aller !

Dans les forêts de Sibérie, d’aprés Sylvian Tesson, mise en scène et jeu de William Mesguich, théâtre de la Huchette, 23 rue de la Huchette 75006 Paris

Napoléon en Grand Atlas !

Que voici un bel ouvrage ! Facile à parcourir, riche de photos, clair dans les étapes de la vie du grand homme, avec des cartes ! Bref, les fanas de Bonaparte se régaleront.

          La forme est donc attrayante et très agréable. Voyons le fond ? La préface de Jean Tulard, un des grands spécialistes mondiaux du personnage, est de bon augure.

      « Tout part de Napoléon, tout arrive à Napoléon » explique Jean Tulard, ajoutant «  aucune affaire, même de médiocre importance, ne lui échappe, du prix du pain à Paris, à la traque des loups de province ». Et cet académicien des sciences morales et politiques d’enfoncer le clou :

« Après avoir lu cet ouvrage, rien de ce qui touche Napoléon ne vous sera désormais inconnu. »

     Et c’est vrai qu’on découvre ici, un portrait hautement complet de l’homme, du stratège, du militaire, du fondateur, du bâtisseur.

      Au fil des pages, chaque double éclairant l’ascension puis les facettes de Napoléon, s’éclaire le destin de cet homme hors norme qui par les armes, au long des victoires, va s’imposer naturellement. Mais ce général devenu empereur des Français et roi d’Italie n’est pas seulement un chef militaire fort d’une Grande Armée, c’est aussi un administrateur et un homme politique. Il crée la banque de France, le code civil, le code pénal.

 Passionné de sciences !

S’entoure d’une police puissante, de douaniers aguerris, contrôle strictement la presse, développe une noblesse d’Empire. Fasciné par les sciences et les techniques, il encourage les ingénieurs à creuser des canaux, construire des routes, aménager les ports… L’instruction comme outil politique, les progrès de la médecine, le secours des indigents par des bureaux de bienfaisance, les Invalides comme lieu de mémoire et de soins pour ses grognards…Napoléon participe aux développement de la France d’après la Révolution, sur tous les fronts, avec l’ère industrielle qui se profile bientôt.
Bref, ce livre est clair et brillant, chaque bataille bien décrite, il faut le lire sans attendre pour bien mesurer tout ce qu’on doit à Napoléon Bonaparte.

De Bonaparte à Napoléon, livre événement, Edition anniversaire : 250 ans de la naissance de l’empereur, Edition Atlas, chez Glénat, 35 €.

Vin de Savoie, variété et interêt !

Paysages à couper le souffle, cuisine très terroir et vins différents selon les plats : rouge, rosé, blanc, effervescent…les vins de Savoie offre l’embarras du choix !




       Le vin de Savoie se déploie sur quatre départements : la Savoie avec 80%, la Haute-Savoie 8%, l’Isère 8% et l’Ain 4%. Pas moins de 20 cépages composent les appellations savoyardes qui ont nom Savoie, Roussette de Savoie, Seyssel sur un peu plus de 2000 ha. Les vignobles s’appellent les Abymes, Apremont, Arbin, Chignon, Cruet, Montmélian, Saint Jean de la Porte, la Chautagne, Jongieux, Marestel, Monthoux, et encore les vignobles du Crépy, du Marignan, de Ripaille ou d’Ayze…

La variété des cépages, jacquere, altesse, chasselas, gringet, roussanne, gamay, mondeuse, pinot, tient à la variété des sols et des conditions climatiques. Et donne cette qualité au vin pas assez connue en dehors de son terroir d’origine !

      Les blancs à 70% dominent donc largement avec les cépages Jacquère et Chasselas : des notes minérales, sur le fruit blanc, accord parfait avec des poissons d’eau douce, des fromages de Savoie. Le cépage Roussanne aux arômes marqués d’abricot et de mangue donne des vins blancs savoureux avec des blancs de volailles, un rôti de veau aux pleurotes. Le cépage Altesse, à la saveur miellée, est idéal avec une viande blanche, une poêlée de champignons à la crème..

       Il faut essayer aussi les rouges, issu du cépage mondeuse , à la couleur violine délicieux avec cuissot de chevreuil ou rôti de bœuf. Et sublime avec un fondant au chocolat.

       Avec les cépages gamay et pinot, les vins à la robe rubis, seront parfait avec terrine de gibier, pot au feu, choucroute généreuse. Et pourquoi pas avec un saumon en croute de sel !

      A mieux connaître également, le crémant de Savoie, aux fines bulles, couleur dorée, aux notes de brioche au beurre, savoureux en apéritif avec des gougères, bouchées marines et pourquoi pas   un foie gras.

Dégustation

Nous avons aimé la roussette de Savoie signé Marestel 2017, vif, aromatique avec une belle fraicheur au palais.

Le Savoie Chignin cuvée Vieilles Vignes 2018, sa robe brillante jaune pâle, son nez puissant de mangue et abricot séché, sa bouche ample et tout en finesse signent un vin de belle qualité.

Le crémant de Savoie Prestige 2016, à couleur claire, aux arômes légèrement agrumes, à la saveur florale donnent un vin élégant, frais et très agréable. A servir à 12°C.

Le Seyssel 2018, à robe couleur paille à reflets verts, aux arômes de fleurs blanches, d’un bel équilibre entre rondeur et fraicheur, on l’appréciera avec des fruits de mers tout juste sortis de l’eau.

Les prix

Roussette de Savoir Marestel 2017, 10 € Domaine Eugène Carrel

Savoie Chignin cuvée Vieilles Vignes 2018, 10,40 €, domaine la Combe des Grand’Vignes

Crémant de Savoie Prestige 2016, 9,50€ cave des Vins Fins de Cruet

Seyssel 2018 , 5,90€ du Domaine Saint Cassin.