4 Avr
2022
Vins sur le vif

Pâques bientôt après ce Carême de quarante jours, la  Résurrection triomphe ! Ce dimanche de Pâques nous fêtons dignement l’événement autour de mets choisis et de vins affriolants. En voici une sélection aux deux couleurs avec quelques bulles dorées !

Le champagne blanc incarne la pureté et l’élégance pour initier la rencontre en famille. Le rosé, complexe et pâle, s’alliera à merveille aux entrées du repas. Le blanc, un bordeaux bien élevé, rehaussera la chair nacrée du poisson.

Madame est servie.



Les invités, la famille  arrivent, vite les bouchons sautent ! Ayala Brut Nature, nous enchante les papilles de sa  pureté. A 45% chardonnay, 35% pinot noir et 20% pinot meunier, ce champagne sans dosage, est doucement vieillit  en cave, pendant 4 ans. Le temps façonnant les meilleures choses,  permet aux raisins issus d’excellents crus de la Champagne, de révéler leur qualité. Résultat, une robe dorée aux reflets argentés, un nez iodé aux notes de pamplemousse et citron, à la bouche nette, tendue, à la saveur de poire et pamplemousse. Servez ce vin ciselé avec des bouchées marines d’œufs de truite, des bulots, poulpes assaisonnées, et même des toasts au foie gras.

Poursuivons avec un rosé de grande classe

Ce côtes de Provence rosé Minuty Prestige, réunit des cépages locaux, chacun précieux pour servir la saveur du vin: une syrah qui donne la complexité aromatique, un grenache pour l’élégance,  le cinsault pour la fraicheur, enfin le rolle , cépage blanc, bien utile pour la touche minérale.

Résultat, un vin à la robe claire, bien  brillante, aux arômes d’oranges sanguines, de fruits rouges comme groseille, framboise. En bouche, vous serez séduit par le rappel de fruits rouges et d’agrumes, rafraichie par la touche iodée en finale. Un vin franc et net, sur la fraicheur à déguster avec la cuisine pascale, des huitres juste sorties de l’eau, des poissons grillés ou en ceviche, des chèvres un peu secs. Servez ce Minuty Prestige aux alentours de 10°C.

Après les entrées marines, servez donc un noble poisson à chair blanche comme un saint-pierre, turbot ou une sole. Pour servir sa chair fondante et nacrée, ouvrez un Alto de Cantenac Brown, vin de gastronome. Sa robe or, son expression aromatique portée sur les notes  de fruit de la passion, mangue ou ananas magnifient une bouche ronde, aux arômes beurrés de fruits murs et de brioche. La touche fraiche, minérale se fait vibrante en fin de bouche pour s’allier à la chair du poisson. Magnifique accord !

  • Ayala Brut Nature, chez les cavistes, 38,90 €
  • Minuty Prestige 2021, 18,50 €
  • Alto de Cantenac Brown 2019, chez les cavistes, 23,50 €

 

20 Mar
2022
« Vieux con », un one man show jubilatoire

 


         On rit et on sourit, on s’esclaffe et on s’étonne, on est d’accord et on on réfléchit…bref, le spectacle de Christophe Alévêque vaut le détour ! Courrez-y sans perdre votre temps.

Tout de go, l’acteur nous annonce vouloir décrire à son jeune fiston âgé de deux ans, le monde dans le quel il vit et lui vivra. Vaste programme… pour ce faire, il use de toutes les ficelles de son art : grosse voix, larges gestes pour affirmer sa pensée et même vieux film des années 70… Ce sera le fil rouge de son récit.

Un retour sur ce qu’on a vécu pendant le confinement avec une stupéfaction bien vue sur ce que les Français ont accepté sans broncher, tourner avec dérision et bon sens, on éclate de rire devant les mimiques, les jeux de scène, les bons mots. Un constat sur cette vie d’aujourd’hui décrite comme aseptisée, lisse, conventionnelle, ennuyeuse évidemment, on opine du chef …Le comédien s’épanouie dans une gestuelle parfaite, drôle et bien ajustée avec un fond musical. Rythme et enchainements sont bien rodés, oui nous sommes tous devenus de « vieux cons » et c’est bien triste !

Différence

Christophe Alévêque, à la lumière de la crise sanitaire, établit un distingo entre le vieux con d’avant, conservateur, réactionnaire et celui d’aujourd’hui. Ce « con » la est un résistant. Car la vague de la bien-pensance a fait basculer le libre-penseur dans le camp des vieux cons, celui-la s’exprime librement, sans se censurer. Et c’est le pari bien réussi du comédien-écrivain qui veut que vive la liberté d’expression. Et nous avec ! Fort de son idée, il a même créé un club des « Vieux Cons Modernes » qui compte en un mois, déjà mille adhérents.

Bonne tête

Avec ses moustaches blanches et son sourire malicieux, Christophe Alévêque ne nous lâche pas de son spectacle rondement mené, créé pendant le confinement. Le « gars » a de la bouteille, qui débute en 1988 dans les Stagiaires. En 1991, il monte son premier spectacle avec Philippe Sohier, fidèle complice, qui met en scène son spectacle actuel. Il intègre l’équipe de Laurent Ruquier, collabore avec Michel Drucker, Ardisson…Il monte sur la scène du théâtre du Rond-Point en 2009 avec Super Rebelle où il enchainera les spectacles.

Allez le découvrir sans tarder, vous prendrez un grand bol de rire et c’est bien plaisant par les temps actuels !

Théâtre du Rond-Pont, « Vieux Con », écrit et joué par Christophe Alévêque, mis en scène par Philippe Sohier jusqu’au 3 avril, tel : 01 44 95 98 21. Pour adhérer gratuitement au club des Vieux Cons Modernes, envoyez vos coordonnées actuelles à clubdesvieuxcons@gmail.com

22 Fév
2022
Christian Bérard, artiste surdoué exposé à Evian

Un peintre aux multiples facettes, décorateur de théâtre et de danse, costumier, dessinateur de mode et illustrateur, Christian Bérard, enfin réhabilité pour la première fois depuis 40 ans, s’expose à Evian, dans une magnifique rétrospective !



Auto portrait de Christian Bérard


 Il est né avec le siècle dernier en 1902, mort en 1949, entre vie mondaine et bohème, passé de la coqueluche du Tout Paris à un relatif oubli, il est enfin retrouvé et présenté aux amoureux du Beau. Il a servi, par ses dessins, crayons et autres modèles, Roland Petit comme Jean Cocteau, Jean-Louis Barrault comme Louis Jouvet. Scénographe du théâtre de la mode ou conseiller de Christian Dior ou Elsa Schiaparelli, il néglige un peu ses pinceaux malgré une bonne formation à l’académie  Ranson.

Pourtant ses portraits  plaisent par leur justesse et leur subtilité : « on se saurait imaginer un art plus profondément humain et mieux fait pour nous rassurer sur les destinées de la peinture », écrit dans Vu, en juillet 1932, Jean Gallotti.

Peintre, profondément.

La peinture était sa vie, il voulait s’y consacrer totalement, mais les circonstances l’ont amené à se disperser. Plus que les natures mortes ou les paysages, il fut un excellent portraitiste, saisissant l’expression, le mouvement, le caractère des hommes. Entre 1920 et 30, Christian Bérard va exposer dans de nombreuses galeries parisienne, chez Bonjean, Vignon, Druet..puis plus tard à New York.

 

Bérard, le théâtre, le ballet

L’artiste va parrallelement prêter ses pinceaux à divers metteurs en scène tels que Cocteau dont il imaginera les décors et costumes pour  la Voix humaine en 1930, la Machine infernale en 1934, les Monstres sacrés en 1940… Pour Louis Jouvet dans l’Ecole des femmes, en 1936, l’Illusion comique en 37, la Folle de Chaillot de Giraudoux en 1945…

Il collabore aussi avec grand succès, à la réalisation de costumes et décors de différents ballets. S’essayant également avec talent  au dessin de mode à paraître dans les revues sélects comme Vogue ou Harper’s Bazaar.
Et comme cet homme talentueux était aussi ecclectique  que fameux, il décora avec merveille les appartements d’une riche clientèle du couple Noailles à Marcel Rochas et même François Mauriac.

Et last but not least, Christian Bérard illustra des couvertures d’ouvrages comme le roman Babylone ou  Opéra de Jean Cocteau et de nombreux écrivains.
Bref, cet artiste, resté trop longtemps dans l’ombre, méritait bien cette magnifique exposition à Evian, au théâtre de la Vie.

Christian Bérard, du 5 au 22 mai 2022, au Théâtre de la Vie à Evian.