1 Oct
2019
Domaine d’exception: la Maison Lorgeril en Languedoc

Depuis 1987, Nicolas et Miren de Lorgeril développent, agrandissent, valorisent le domaine de Pennautier à 5km de Carcassonne. Par ailleurs, ils ont acquis 6 domaines sur 9 AOC en Languedoc et Roussillon. Une légitimité reconnue par tous qui vaut à Miren d’avoir été élue présidente des Vins du Languedoc. Hommage mérité !


    Les noms sonnent comme de jolies pépites de terroirs réputés plantés sur l’arc de la mer Méditerranée : Cabardés, Languedoc, Minervois-la-Livinière, Saint-Chinian, Faugères, Picpoul de Pinet, Côtes du Roussillon, Maury…Des sols et des sous-sols d’une grande diversité, entre calcaire, schistes, galets roulés, argilo-calcaire.., pour que s’expriment toute la complexité des cépages, entre finesse et élégance.

Parce que ces vignobles sont largement baignés de soleil, les Lorgeril ont choisi des zones fraiches située en altitude. Les vins en sont donc affinés, équilibrés, portés sur la fraicheur des saveurs. Soucieux du respect de la nature, ils traitent l’ensemble des domaines selon le principe de l’agriculture raisonnée et d’ici 3 ans, les vignobles seront tous sous « pavillon » biologique.

Par ailleurs, Nicolas et Miren de Lorgeril proposent des activités d’oenotourisme avec visite du château, séjour dans l’une des 24 chambres doubles, restauration  à la Table-Cave ouvert toute l’année à la cuisine du terroir associée aux vins. De même, le domaine de Garille, métairie située dans le vignoble, offre 7 gites ouverts toute l’année

Des vins à déguster

Nous avons aimé, parmi la large dégustation des vins proposés en association de mets délicats du restaurant Nomicos :

  • Maset des Montagnes, Terroirs d’Altitude 2017 Côtes du Roussillon 10,90€, 50% macabeu, 50% grenache blanc. Une robe clair à reflet presque vert, des arômes d’iris et de fleurs blanches, une attaque vive, expressive sur le palais qui se prolonge et s’associe à merveille avec des bouchées marines, toast de rouget, poisson à chair blanche. Servez-le entre 10 et 12°C.

  • Château de Ciffre, Terroirs d’Altitude 2016 Faugères, 12,40 €, 60% syrah, 30% grenache, Vieilles Vignes, 10% mourvèdre. Issu d’un vignoble situé à 650 m, ce vin à la couleur sombre, au nez intense de pruneaux cuits, touche de café, à la bouche épanouie, aux tannins enveloppants, à la belle personnalité pourra se conserver 5 à 10 ans. Servez-le à température avec des nourritures relevées comme les macaroni aux truffes noires, foie gras de canard en gratin magnifique plat emblématique du Nomicos.

  • Château de Ciffre 2017, Saint Chinian, 23,90€. Issu d’un vignoble situé sur des terroirs de gneiss et calcaire d’altitude, ce vin à 80% syrah et 20% grenache, bénéficie de vendange et tri manuels. La robe rouge rubis, les arômes de fruits mûrs et d’olives noires signent un vin friand et souple aux tanins vanillés, marqués par une certaine finesse. Servez-le à 18°C avec un agneau de lait aux petits légumes, un plat en sauce.

  • Le Rêve de Pannautier, chardonnay Vendanges d’après 2015, 22,90€.
    A 100% chardonnay, ce vin à la robe dorée, au nez puissant de fruits confits, d’agrume et de miel d’acacias porte bien son nom ! Un vin délicatement sucré, à la fraicheur certaine, d’un bel équilibre qui sera magnifique en apéritif avec foie gras, éclats de parmesan ou en dessert avec un gâteau au chocolat. A servir à 12°C.

  • Miren de Lorgeril à la tête du CIVL

     Depuis un an déjà, Miren de Lorgeril, élue à la tête du Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc, préside avec fermeté et dynamisme cet organisme d’importance dans le monde du vin.

   Forte d’une nouvelle équipe, la présidente a organisé le développement autour de trois axes : le développement durable, les rosés et la segmentation de l’offre.

   Ainsi, la nouvelle équipe parie-t-elle sur le développement durable comme enjeu majeur, le Languedoc étant leader en ce domaine. L’Observatoire du Développement durable récemment lancé, met au point une carte régionale présentant les diverses démarches en ce sens dans le vignoble languedocien.

    Le marché en France des vins rosés continue sa progression, passant de 26 à 33%. Il représente 18% des ventes de vin du Languedoc, leader des vins rosés en France.

     Chaque appellation est valorisée par des opérations d’image véhiculant l’excellence des vins des AOC La Clape, les Terrasses du Larzac, Pic Saint-Loup, Corbières, Boutenac, Minervois La Livinière en Languedoc et Collioure et Maury pour le Roussillon.

   Enfin, à mettre également à l’action de la nouvelle présidence, le renforcement des liens avec les autres interprofessions dans le bassin Languedoc Roussillon : le CIVR et INTEROC afin de mettre en place une synergie d’actions communes au sein d’INTERSUD sous la bannière SUD DE FRANCE.

Plus d’infos sur les domaines Lorgeril : www.lorgeril.wine

16 Sep
2019
Tutiac : renaissance d’une marque !

Le terroir est étendu qui touche les belles appellations du Bordelais, Médoc, Graves, Blaye, Sauternes, Bourg ou Fronsac. Associé à 700 familles qui travaillent le terroir et produisent des vins appréciés partout !


Lancé il y a une quarantaine d’année, Tutiac s’inscrit dans l’histoire du Bordelais. La marque porte le nom d’une butte située au cœur du Blayais, incarnée par une humble chapelle du XIIIe siècle qui en a vu défiler bien des millésimes !

Cette année, la coopérative propose un nouveau logo constitué d’une gabarre remplie de tonneaux et d’hommes, poussée par le vent et tirée par deux hirondelles.

    Pas moins de 6000 hectares, dont 300 cultivé en Bio, couvrant tout le Bordelais, dans la complexité de ses terroirs, vont porter les cépages fameux de la région : merlot, cabernet-sauvignon, malbec, petit-verdot, sauvignon blanc. Ainsi, Tutiac est-il le premier producteur français de vin d’appellation d’origine contrôlée avec 40 millions de bouteille et une répartition faisant la part belle au rouge avec 70%, le reste regroupant blanc et rosé pour 30%. La gamme se compose d’une quinzaine de références avec quelques pépites très appréciées, dont six crus bourgeois.

    Une douzaine d’oenologues veillent à la qualité des vins produits.
Les 1500 familles développent entre elles, entre-aide et solidarité au service d’une production de qualité, soudées par un même état d’esprit fait de valeurs et d’exigence coopératives.

   Un souhait  pour 2020 : que la totalité des surfaces soit certifiée en Haute Valeur Environnementale niveau 3.
Enfin, pour faire connaître et mettre en situation ses vins, Tutiac propose des produits du terroir et d’artisans locaux dans son Wine Bar à associer aux vins. Un bel instrument de promotion !

Plus d’infos : www.tutiac.com

Et Tutiac Wine Bar, 10 place du Palais, 33000 Bordeaux, tel : 05 57 88 22 42.

12 Sep
2019
La noblesse, passée et essentielle !

Passionnante étude que voilà, quasi exhaustive, sur la noblesse en France.
Une enquête fouillée, minutieuse à la croisée de l’histoire et de la sociologie, menée de main de maitre par Eric Mensiau-Rigau, historien, professeur à la Sorbonne et écrivain.


         Il connait le sujet. L’a traité maintes fois dans divers ouvrages aussi précis qu’historiques. Celui-ci, à la fois savant, basé sur la Grande Histoire fondant l’origine de la noblesse, s’appuie sur des faits, des exemples, des récits qui l’enrichissent et le rendent très vivant. Avec une dose certaine d’humour qui désennuie, s’il en était besoin, un sujet sérieuxet fondateur !

         L’auteur s’emploie d’abord à préciser ce qu’est la noblesse, son origine au Moyen-Age, sa puissance, son prestige, son autorité morale et très vite, l’idée de transmission et de lignage qui la pérennisent. Vraie noblesse, trompeuse particule, titres d’Empire ou noblesse pontificale… notre ami ne laisse personne sans savoir !

           Il insiste sur ce qui fait la grande gloire de cette population petite en nombre mais grande par son passé, si enviée, si rêvée : la primauté de la famille sur l’individu (bien le contraire des mœurs actuelles ! ), l’héroïsme réelle en temps de guerre (beaucoup d’officiers de famille ancienne donnèrent leur vie lors des grandes guerres), le temps qui n’a pas de prise, la transmission de ce qu’on reçoit : un nom, un château, une histoire…

        Eric Mensiau-Rigau, avec un style choisi, sait parfaitement embrasser le passé valeureux, l’évolution de la noblesse et l’actualité d’aujourd’hui avec son courage, ses failles et aussi ses faiblesses. Ainsi, souligne t’il l’importance des prénoms donnés pour honorer et faire mémoire d’ancêtres héroïques. Aussi, « lorsqu’une grande famille préfère un prénom à la mode, vite promis à l’obsolescence, le signal est inquiétant. » Ainsi de la maison Maillé, l’une des plus anciennes de Touraine, qui renonçant à des prénoms héréditaires comme Jacquelin ou Urbain..nomma par le choix du duc pour son second fils, Kevin,  prénom à connotation populaire comme le souligne l’auteur « cela lui  parut annonciateur de déclassement ». Et de fait, une étude de commissaire priseur dispersa l’année suivante en 2001, toutes les collections familiales (meubles, portraits, argenterie et archives… »

          Etre noble induit des pratiques et des manières : « les pratiques sociales, qui soudent le groupe, manifestent une mentalité, une éducation, une vision du monde où priment les valeurs familiales, l’attachement à la terre, le sens du service et la pratique religieuse » Tout est dit.

       La possession d’un château, d’un hôtel particulier, d’un manoir transmis depuis des générations participe à l’assise de la noblesse, à « sa mémoire matérialisée » comme dit l’auteur. On ne peut que s’émouvoir de voir ces « maisons » vendues lors des successions, les héritiers préférant parfois une maisonnette sur la mer. Certains, cependant, font tout pour les conserver, inventant avec imagination mille manières pour les garder.

         Dans son chapitre consacré « aux pratiques et manières », notre ami relève avec justesse une anecdote tenue de Jean d’Ormesson où l’écrivain raconte qu’un soir qu’il dinait avec Louis Aragon, ce dernier répondit avec froideur à son chauffeur qui lui demandait s’il devait attendre : « Pourquoi croyez-vous qu’on vous paie, mon ami ? ». Jean d’Ormesson commenta : « Jamais dans ma famille, on n’a parlé comme ça à un domestique ». Et, oui, un parvenu aime s’affirmer en parlant avec dédain, d’un ton tranchant à une personne d’une position sociale inférieure. Sans doute, à l’évidence, la noblesse n’est-elle pas seulement d’ancienneté mais aussi de coeur !

    Bref, cette somme est passionnante, teintée d’anecdotes enrichissantes. Comme le dit l’auteur « la noblesse n’a jamais constitué un ordre figé. Elle a toujours été évolutive » Les descendants ont cette capacité à durer, « consacrés par l’épreuve du temps », ils prennent leur place dans une chaine pluri-générationnelle mais attention à ne pas se figer, s’assécher, se replier sur son entre-soi, devenir « le fruit sec d’un conservatisme paresseux qui singe l’amour de la tradition » .
A eux appartient-il de savoir rester soi-même et en même temps de choisir judicieusement une saine modernité. En un mot « revendiquer une sorte d’anormalité sociale, fondée sur le souci de préserver son style de vie, ses idéaux, sa foi » préférer « la durée à l’instant, la gratuité, la charité et l’élégance morale à un système de valeurs fondé sur l’argent et le conformisme ».
A lire sans tarder.

Enquête sur la noblesse, la permanence aristocratique, par Eric Mensiau-Rigau, Perrin, 24 €