10 Oct
2023
Dégustation vin de champagne et fromages affinés, un régal !

Il nous a été donné de goûter les vins de champagne de la Maison Charpentier par son propriétaire Jean-Marc Charpentier, associés à cinq fromages parfaitement affinés et sélectionnés par l’excellent MOF Xavier Thuret. Vraie découverte, vrai bonheur  ! Jean-Marc Charpentier

               Cinq et cinq, une association jubilatoire qui a enchanté notre esprit comme notre palais, ouvrant encore le champs des découvertes sensorielles originales. Cinq champagnes, même maison, expression bien différente chacun, présentés par Jean-Marc Charpentier vigneron-propriétaire, mariés à cinq fromages subtils, gourmands, acidulés-crémeux comme dit joliment le Maitre-Fromager Xavier Thuret.

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Jean-Marc Charpentier, propriétaire-vigneron, l’âme de sa Maison, nous donne à déguster Terre d’Emotion Brut Vérité, « l’émotion singulière d’un grand vin de champagne » cite-t-il volontiers aimant à parler non pas de champagne mais comme autrefois, de « vin de champagne » la vraie et bonne appellation ! Ce Brut Vérité, issu de 70% de chardonnay, 15% de pinot noir et 15% de pinot meunier, est produit sur un terroir de la vallée de la Marne, crus Charly sur Marne et Saulchery.

      Vif, pur, long avec une finale presque rugueuse, favorisée par les vieux futs de vin de Bourgogne ou de champagne, achetés d’occasion…Elevé 60 mois sur lattes, ce vin a eu temps et loisir de murir doucettement, s’enrichissant au fil des mois.
Le chef fromager Xavier Thuret nous propose l’association d’un Cantal entre-deux : la salinité qui fait saliver, la profondeur du fromage rejoint la pureté et la personnalité du vin de champagne. On ferme les yeux pour mieux mesurer la puissance de l’accord, se concentrant sur les sens du toucher et de la saveur sur le palais. Joie du contraste, l’un servant l’autre et réciproquement !

Puis s’enchaine le Terre d’Emotion Blanc de Blancs Brut 100% chardonnay, élégamment qualifié par Jean-Marc Charpentier : « le vin nous confie cette dimension du temps dont le Vivant a besoin pour s’épanouir. »

Un vin ciselé, vrai concentré de pureté, sans fioriture, issu de faible rendement, en biodynamie comme l’ensemble du domaine, « chardonnay vivant » comme précise son vigneron ! Ses notes d’agrumes, sa tension minérale, à la fois tendre et vif comme un morceau de soie froissée va contraster et résonner face à une bouchée de Mont d’Or, le premier de la saison. Le gras velouté et onctueux du fromage répondant à la fraicheur saline et iodée du Blanc de Blancs. Bonheur en bouche.

Encore plus surprenant, nous découvrons le vin de champagne Terre d’Emotion rosé brut, dominante chardonnay avec 12% de pinot meunier, « l’émotion singulière d’un grand vin de Champagne ». Nez délicat et tendre, présence subtile des fruits rouges en bouche associée à une touche beurrée et herbacée, finale fraiche… Association osée et contrastée avec une fourme d’Ambert au lait cru éclatante d’onctuosité et de force. La puissance du fromage face à l’éclat du vin toute en suavité due à la légère sucrosité du fruit rouge ! Choc étonnant sur la palais qui en redemande une gorgée et une bouchée. « Un chardonnay qui pinote et dénote » comme dira Jean-Marc Charpentier pour qualifier ce vin.

           Puis, l’heure est venue de déguster le Terre d’Emotion Blanc de Noirs Extra-brut, 80% pinot noir, 20% pinot meunier . L’expression des épices mêlées à la vanille se confond en bouche dans une impression toastée. Fraicheur et minéralité s’embrassent, densité et longueur en bouche se rejoignent pour un vin racé et élégant, rare et grand. Pour le mettre en scène, notre fromager Xavier Thuret a choisi un camembert de Normandie extra-onctueux au beurre demi-sel  ! La aussi, le contraste est saisissant entre note végétale et touche animale du camembert et la force pure du vin. Il faut laisser les deux sensations se mêler en bouche, oeil fermé, sens concentrés pour en saisir tout le « sel », en apprécier toute la magie !

          Terminons cette expérience spatio-gustative par le Terre d’Emotion pinot meunier zéro dosage, un mono cépage, mono parcelle et mono année. La robe est jaune d’or soutenue, le nez de notes de fruits à chair jaune comme le signe le cépage. Le zéro dosage explique la saveur d’une extrême fraicheur alliée à une densité voulue et déconcertante. Le gruyère d’alpage souhaité par notre MOF pour servir ce vin, est magnifique et ton sur ton. Puissance du fromage et densité du vin se répondent et s’accordent pour nous emmener rêver de montagne en hiver, ciel bleu, neige blanche et halo de fraicheur, parfum hors du temps !

Ces cinq dégustations osées et magiques nous auront enchanté le palais et l’esprit, c’était voulu, ce fut réussi ! Bravo les deux artistes. Et merci !

Héritier de huit générations de vignerons, Jean-Marc Charpentier, homme de sagesse et d’audace, sait se donner du temps. Il a compris que la patience obtient tout et que « l’on fait le vin à la vigne » en laissant murir les grains et vieillir le vin. La qualité de la matière première, à savoir le raisin, donne la qualité finale retrouvée dans le verre. Depuis 2009, la culture, 24 hectares de vigne répartis en 72 parcelles en vallée de la Marne, est réalisée en biodynamie, pour le plus grand profit du vin qui atteint une plénitude jamais égalée. Exigence, temps donné, soin de la vigne produisent vins subtils, grande pureté, puissance équilibrée.

Charpentier Champagne, flacons en vente chez le caviste ou sur achat en ligne : www.champagne-charpentier.com

22 Sep
2023
Saint-Pourçain, fraicheur et saveur !

       Frais en bouche, il nous rappelle les cures de poissons, fruits de mer et autres réjouissances marines, dégustées tout l’été, à l’envie.     Faites-en provision pour prolonger les beaux jours et vous donner la joie des bons moments qui continuent.

          L’appellation saint-pourçain est située dans l’Allier sur 17 communes autour de Saint-Pourçain sur Sioule, elle s’étend sur 640 hectares. Une cave coopérative et 17 caves indépendantes la produisent. L’appellation se décline aux trois couleurs, rouge, blanc et rosé.

   

   Nous goûtons ici la cuvée Printanière 2022, un blanc produit sur des coteaux argilo-calcaire et granitique, avec deux cépages, le chardonnay à 80% et le tressalier à 20%. Ces deux cépages représentent au moins 90% de l’encépagement. Les 10% restant peuvent être comblé par le sauvignon.

A l’oeil, au nez et au palais

     D’une couleur jaune paille à reflets dorés, ce vin exhale un parfum d’agrume léger renforcé par une senteur de poires et pêches blanches.  Les arômes de citron, pamplemousse, cédrat se mélangent pour apporter cette fraicheur bien agréable au nez.

       La vivacité sur le palais, suscitée par les notes agrumes, n’empêche pas une bouche équilibrée alliée à une impression de fraicheur. La puissance certaine procure une belle longueur en bouche.

     

Ce vin sec, à déguster entre 9 et 11°C s’accompagnera à merveille de toute la gamme des fruits de mer, depuis les coquillages, crevettes, bulots, araignées, huitres bien sûr, jusqu’aux poissons de mer ou de rivière. Et même des fromages secs ! Tout lui ira à merveille.

Union des Vignerons, cave de Saint Pourçain cuvée printanière 2022, 7,50 €.

3 Août
2023
La fontaine guérisseuse au Pré-d’Auge

          A un jet de pierre de Lisieux, au pieds d’un chêne monument historique, il est une fontaine ou miraculeuse au Pré-d’Auge dont la réputation dépasse le canton ! On vient de toute la région et au de la pour boire son eau précieuse, s’en laver la face ou l’endroit malade et l’emporter séant. La fontaine est irrémédiablement liée à ce saint connu de la région, saint-Méen.

Connaissez-vous l’hymne de Saint-Méen ?

« Au pied d’un chêne, une source limpide lui est consacrée, où l’humeur viciée est purifiée ».

Laissons la revue illustrée du Calvados datant d’aout 1913 nous conter l’histoire.

     « Vers l’an 600, Saint-Méen se trouvait à passer par le Val du Pré-d’Auge, venant d’Irlande visiter saint-Ouen à Rouen. Fatigué d’un long voyage, il s’étendit au pied d’un chêne et se reposait lorsque survinrent deux jeunes filles qui remontaient la pente portant sur leurs épaules des cruches pleines.
L’abbé les arrêta au passage et leur demanda un peu d’eau pour étancher sa soif et laver les pustules qui couvraient son visage.
L’une qui était, assure-t-on, et nous le croyons sans peine, car la beauté est bonne, petite, laide, revêche, et sans pitié, lui tourna le dos et s’enfuit d’un air méprisant. L’autre, de taille moyenne, svelte et distinguée comme une damoiselle, s’approcha, souriante, du vieillard et déposa à ses pieds, sa cruche de terre. Saint-Méen remplit sa gourde et dit à la compatissante jeune fille : « Désormais, pour épargner vos pas, vous viendrez puiser l’eau à la source qui va jaillir ici-même sous cette chesnaie. Quant à votre compagne, elle est déjà atteinte de la lèpre et après avoir vainement essayé tous les remèdes, elle devra venir se laver à cette source, si elle veut guérir ».

Et il en fut ainsi en tous points. La vertu miraculeuse de la source fut bientôt connue alentours. Depuis, on n’a pas cessé d’en faire usage ni de prier Saint-Méen pour obtenir la guérison des maladies de la peau.

      La fontaine dédiée à Saint-Méen, au Pré d’Auge, est située sur une propriété privée, on aperçoit de loin la toiture majestueuse du château du XVIII e siècle. Les propriétaires, très attachés à la fontaine située sur leur domaine, s’en occupent régulièrement et autorisent le passage sur leur terre pour aller chercher l’eau. Voila donc notre Saint Méen, dont l’intercession guérit nombre de maux de peau, qui se laisse voir derrière des barreaux. Car en s’approchant du vieux chêne complètement élagué en 2009, d’ou pendent chaussette, linges et autres mouchoirs déposés la par vénération, on aperçoit la tête du saint.

Le propriétaire raconte encore : «  La tradition de « l’arbre à loques » doit perdurer. Pour faire face à sa disparition inexorable, deux autres chênes cohabitent dans son enclos : le plus âgé planté vers 1920 par le comte de La Rivière-Pré-d’Auge, famille propriétaire des lieux depuis le XVe siècle, et un autre, tout jeune, mis en terre récemment. Le chêne de saint Méen n’est pas près de mourir ! »

La famille, propriétaire des lieux, s’est constituée en Association de la fontaine Saint-Méen, pour recueillir des fonds destinés à l’entretien.

 

Un pélerinage continuel

     N’oublions pas que la démarche préliminaire à tout pélerinage d’un malade à Saint-Méen est encore, normalement, la quête du prix de la messe par la mère de l’enfant ou l’un de ses proches. Cet argent devait être reçu dans une bourse ou une coupe et ne pas être touché des doigts du sollicitant.

L’histoire dit encore «  Dans une ordonnance du 27 octobre 1873, Mgr Hugonin, évêque de Bayeux, fixait à 2 francs 10 le prix d’une messe particulière pour les pélerins et à 0 franc 50 la participation à une messe hebdomadaire célébrée, le jeudi à 9 heures à leur intention. Il interdisait au curé de la paroisse de se charger d’aucune neuvaine, et laissait libre la fourniture des cierges et la récitation des évangiles. Toutefois le digne évêque rappelait aux pèlerins « que toutes ces pratiques excellentes en elles-mêmes ne sont pas cependant nécessaires et obligatoires pour obtenir les grâces qu’ils sollicitent, mais que le succès de leur pèlerinage dépend surtout des bonnes dispositions de leur cœur, de la pureté de leur intention, de la ferveur de leur prière et de la bonté miséricordieuse de Dieu ».


Témoignage récent

        « Par un radieux dimanche de Pentecôte, nous avons croisé sur le site plusieurs personnes venant remplir des bouteilles à cette fontaine. Une dame accompagnée de ses enfants et de sa petite fille, nous a raconté que cette dernière (résidant assez loin) voyait son eczéma disparaître lorsqu’elle utilisait l’eau de cette source. A chaque visite chez sa mamie, toute la famille venait remplir bon nombre de bonbonnes et bouteilles afin de continuer le traitement pendant les périodes d’éloignement. Un monsieur était également là pour s’approvisionner afin de nettoyer les ulcères des jambes de sa femme. Ces rencontres sont fondées à témoigner sur la richesse historique de ce lieu. »








Et oui, le Calvados est un département riche de nombre de saints guérisseurs : Saint-Clair d’Hérouville, Saint-Ursin de Lisieux contre les fièvres, Saint-Roch à Vimont qui soigne de la peste, Saint-Siméon et sa fontaine à Sainte-Honorine des Pertes, Saint-Laurent qui soigne les brulures, Saint-Hildevert pour les coliques, Sainte-Apolline à Manerbe pour les maux de dents.