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A propos Alix

Alix Baboin-Jaubert est Journaliste spécialisée en gastronomie, vin et Art de Vivre depuis 1981. Elle a écrit "Bonnes manières et politesse, auriez-vous le prix d'excellence ? : les règles et usages à connaître pour vivre en famille, en société, au travail" pour la collection Les petits cahiers Larousse, (mars 2015)

Protocole : L’heure du thé ?

La baronne reçoit à 5 heure ! Une tasse de thé fumé brûlant, une tranche de cake aux fruits, un scone au miel, oui l’heure du thé est exquise. Une tasse fine, une fourchette en argent, une cuillère à café en vermeil et une vraie serviette en tissu.

Protocole : L’heure du thé ?

Un peu d’histoire :

L’histoire du rituel du thé de l’après-midi commence doucement au milieu du XVIIe siècle. De petites quantités de thés sont importées du Japon et de la Chine par quelques riches marchands dès 1650. Mais c’est seulement à partir de 1662, date qui correspond au mariage de Charles II et de la portugaise Catherine de Bragance que l’habitude de prendre le thé devient populaire auprès des bourgeois. Catherine transporte avec elle un coffre plein de thé, issu de sa dot, qu’elle fait goûter à ses amis.

Cependant, c’est à Anna de Bedford, épouse du septième Duc de Bedford, que l’on doit le rituel du Tea O’Clock. Dans l’Angleterre de cette époque, le souper est servit vers vingt-et-une heure. Anna prend alors l’habitude de combler le petit creux de 16h par du thé accompagné de petites douceurs. La bonne société lui emboîte le pas…

En 1884, la gérante d’une succursale offrant des produits de boulangerie et qui sert le thé à ses meilleurs clients, convainc ses employeurs d’ouvrir un salon de thé. De fil en aiguille, l’heure du thé devient une tradition quotidienne qui entre dans les moeurs anglaises. Tout le monde prend le thé, des jeunes enfants jusqu’aux têtes couronnées.

 Protocole : L’heure du thé ?

Petite citation :

« En Grande-Bretagne, le thé est beaucoup plus qu’une simple boisson. C’est un réconfort, une mystique, un art, un style de vie, presque une religion. Il est plus profondément ancré dans la tradition que le rôti de boeuf de la vieille Angleterre… Cette décoction de couleur kaki, obtenue grâce à l’infusion accidentelle d’une plante exotique qui pousse à des milliers de milles du brouillard, du jeu de criquet et de la conduite à gauche, est devenue indispensable à toute une nation. »
Cecil Porter, Gemini News Service

 

Protocole : L’heure du thé ?

Notre sélection de Salons de thé parisiens :

Angelina : 226 Rue Rivoli, 75001.

Mariage Frères : 30 rue du Bourg-Tibourg, 75004.

The Tea Caddy : 14 Rue Saint-Julien le Pauvre, 75005.

Mariage Frères : 13 Rue des Grands Augustins, 75006.
Ladurée :  16, rue Royale, 75008.
Carrette :  4 place du Trocadéro, 75116.

Un peu d’humour  :

L'heure du thé A Hitchcock

Le célèbre réalisateur et producteur britannique Alfred Hitchcock reçoit la mascotte de la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) Leo pour une tasse de thé !

Exposition : Le Trésor de Naples au musée Maillol

Les napolitains s’enorgueillissent, à juste titre, de posséder une des plus belles collections de joyaux et de pièces rares du monde. Le musée Maillol les accueillera au cours du printemps 2014 à Paris.

L’exposition est centrée autour de San Gennaro, saint Janvier, mort martyr sous Dioclétien, grand patron de la ville de Naples. Son sang recueilli par une pieuse femme dans deux ampoules, se liquéfie trois fois l’an aux mêmes dates depuis des siècles, phénomène que même la science ne peut expliquer. Un contrat insolite, établi en janvier 1527, devant notaire, lie la ville bâtie sur un volcan toujours en activité le Vésuve et le saint, San Gennaro mort il y a plus de 1250 ans.

 

Ciboire en pierres précieuses avec croix Sainte Irene

 

But : protéger la ville de la peste et des éruptions du Vésuve. Le peuple en échange, s’engage à travers la Députation à constituer un trésor et à lui construire une nouvelle chapelle au sein de la cathédrale. La Députation, institution laïque, créée en 1601 est une ancienne organisation encore active en Italie, constituée de 10 représentants de la noblesse et de deux du peule. Elle garantit depuis quatre siècles , l’intangibilité des ampoules de sang et des saintes reliques, l’administration et la tutelle du culte et du trésor de San Gennaro.

Parmi les plus belles œuvres de l’immense trésor de San Gennaro, nous pouvons admirer quelque pièces exceptionnelles :

– Le reliquaire du sang du martyr en vermeil, du XIV e siècle crée par des orfèvres angevins, tout en finesse et un travail de toute beauté, qui ne sort pratiquement jamais de Naples.

– Le collier de San Gennaro, spéctaculaire assemblage de bijoux réalisé entre le XVII e et le XIX e siècle et donnés par des souverains comme Charles V de Bourbon, Joseph Bonaparte, Marie-Caroline de Habsbourg sœur de Marie-Antoinette et des Napolitains anonymes.

– La mitre du saint, réalisé en 1713 par Matteo Treglia, recouverte de 3326 diamants, 198 émeraudes et un rubis d’une si belle eau qu’on l’a surnommé « la lave du Vésuve ».

On pourra admirer également des ciboire, croix épiscopale, calice, croix d’autel, bustes de sainte Iréne, saint Joseph, saint Pierre Martyr… une exposition de toute beauté où l’on doit courir sous peine de manquer beaucoup.

Exposition Le Trésor de Naples, les joyaux de San Gennaro au musée Maillol du 19 mars au 20 juillet 2014.

A la table de Marie-Antoinette, 40 recettes gourmandes

Voici un bel ouvrage  tout imprégné du XVIII e siècle pour nous présenter des plats délicats et subtils que la reine Marie-Antoinette n’aurait pas désavouer !

Elle avait un goût classique, coûteux… comment poussé le raffinement à l’extrême.

Qui donc ?  La reine Marie-Antoinette bien sûr qui,  au Petit Trianon, recevait un cercle d’intimes et les régalait de chocolat chaud,  crème, beignets au miel. Son café du matin s’accompagnait d’un petit pain viennois souvenir de son enfance autrichienne. Les biscuits à la bergamote faisaient tout son bonheur, raconte Michèle Villemur, entre autres anecdotes joliment choisies.

Premiers service, onze entremets délicieux : Huitres pochées, tarte fine à la mousseline  d’asperges ou trois soupes « à la glace »…  chaque recette, parfaitement décrite et facile, est illustrée. Un encadré historique passionnant complète et enrichie la recette de détails véridiques et amusants. Ainsi, à la recette potage à la reine « aux petits oiseaux » pois verts, apprend-on que Marie-Antoinette se délectait de ce potage chez la comtesse de Provence. « Après avoir visité sa petite ferme, ses animaux, son jardin, elle revenait à Versailles avec  d’énormes bouquets de fleurs et tous les petits oiseaux qu’elle avait pris dans  son filet. Ces derniers étaient destinés  à une soupe qu’on préparait, non dans ses cuisines,  mais dans ses appartements ».

 

Marie Antoinette 3 Marie Antoinette 2

 

Le deuxième service ou douze plaisirs craquants  propose du bar en compotée de rhubarbe, des pigeons rôtis aux épices ou une blanquette de pintade aux artichauts. Et bien d’autres délices. Quand aux desserts, ils ont un petit goût d’antan : croissants frangipane, pain perdu « à la reine », soufflé au rhum ou gâteau confit à l’orange « Madame de Polignac »… Ils sont irrésistibles. Oui  vraiment, courrez acheter ce livre ou offrez-le à vos amis raffinés.

A la table de Marie-Antoinette, recettes gourmandes par Michèle Villemur, Plon, 25 euros.