Champagne et chocolat ?

Champagne et chocolat, un assortiment mal assorti ? mais non, il s’agit d’essayer pour constater. Vous nous en direz des nouvelles !

       De l’audace, encore de l’audace ! Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Castelnau a voulu, avec la sortie de sa cuvée brut rosé, s’unir l’espace d’une heureuse union, avec un chocolat incroyable, parfumé au piment d’Espelette. Le résultat est tout à fait intéressant et plaisant ! Il faut faire les choses dans les règles : humer le champagne rosé aux arômes de fruits rouges, avaler une gorgée à la finale mentholée, à la saveur de cerise griotte et juste après croquer un morceau de chocolat en laissant fondre la ganache en bouche. La chaleur du palais va exalter un équilibre magnifique entre l’intensité du chocolat juste pimenté et le goût acidulé et frais en même temps que tout en plénitude du champagne Castelnau. Cacao et fruits rouges se rejoignent pour le meilleur ! Ampleur en bouche et finale fine et tonique, sur des notes miellées dans un univers épicé, que demander de mieux ?

        Bref, la cuvé Rosée Castelnau, assemblage de chardonnay, pinot meunier et pinot noir concoctée avec 20% de vin de réserve et 12% de pinot vinifiés en rouge, se révèle magnifique. Quand au chocolat Emmanuel Briet, composé à 65% de cacao d’origine Caraïbes soutenu par le piment d’Espelette, il est superbe décliné en deux intensités, une marquée d’un point rouge est subtile moins intense, l’autre, aux deux points rouge, plus soutenue fera le bonheur des amateurs de sensations un peu plus fortes !


Brut Rosé Champagne Castelnau avec 2 petits coffrets de chocolat au piment : 32,90 €.

 

Miracle en Alabama : bouleversant !

1887 en Alabama, une jeune-fille sourde, muette et aveugle, élevée dans une indulgence confinant au laisser-aller, malgré l’amour de ses parents, va être prise en main par une institutrice psychologue et obstinée. Un jeu des acteurs émouvant et d’une grande puissance .


Helen Keller, une histoire connue basée sur des faits vrais, est écrite ici avec à la fois une économie et une sobriété de décor et une sensibilité extraordinaire qui nous fait nous émouvoir souvent, sourire parfois, rejoindre toujours le travail des comédiens.

Déja le cialis 20mg drame apparent du handicap sensoriel d’Helen nous touche, la voir vivre au milieu de ses parents dans l’adoration, sa tante béate et son frère beaucoup plus circonspect et critique. La voir, chien fou ou cheval échappé, picorer sans règle dans les assiettes de tous, réclamer une douceur, pleurer et exiger menée par ses caprices, nous interpellent. L’arrivée d’Annie Sullivan va bousculer la donne. Son but est multiple: la rééduquer au vivre-ensemble dans l’harmonie et la discipline, loin de toute pitié ; lui apprendre les clés de la communication par le travail et l’apprentissage exigeant, loin de toute résignation.

Helen est très intelligente ce qui complique les choses, on assiste, médusé, à un vrai combat psychologique et physique, poignant, entre le maitre et l’élève, aucune ne voulant céder. Miss Sullivan est merveilleuse d’attention, d’affection et de finesse pour aider Helen dans la langue des signes. Celle-ci résiste autant qu’elle peut, vrai bras de fer, d’une grande intensité, jusqu’à ce qu’elle comprenne enfin qu’un objet porte un nom : le déclic de la compréhension arrive brutalement, Helen est révélée à elle-même, nous en restons bouleversés. Car le processus est si habilement mené par l’écriture de la pièce par William Gibson, les acteurs sont si justes dans leurs émotions, leurs échanges, l’humour sous-jacent. La mise en scène sert à merveille la pièce avec un tulle marquant la séparation des personnages, les costumes sont marqués par un style fin XIXe et la musique originale.
Bref, ce spectacle est remarquable, il faut courir l’admirer.


Miracle en Alabama, théâtre La Bruyère, du mardi au samedi 21 h, matinée samedi 14h30 h, 5 rue La Bruyère 75009 Paris. Tel : 01 48 74 76 99.

Avec Valérie Alane, Julien Crampon, Stéphanie Hédin, Marie-Christine Robert, Pierre Val et dans le rôle d’Helen en alternance Lilas Mekky et Clara Brice.

 

 

Le Cercle de Whitechapel, un policier affriolant !


Que voilà une comédie policière joliment troussée, menée de main de maitre par cinq acteurs impeccables !


Jack l’Eventreur, l’assassin cruel et récidiviste, est encore dans nos mémoires. Ce dangereux pervers qui assassina nombre de prostituées dans les bas quartiers londoniens Whitechapel, à la fin du XIXe siècle, sous l’ère victorienne. Jamais, il ne fut pincé, les meurtres s’arrêtèrent un jour.

Julien Lefebvre a écrit la pièce, imaginant d’y mêler des figures britanniques de l’époque, connues et fameuses. Ainsi, le romancier timide Conan Doyle père de Sherlock Holmes, le journaliste bientôt plus grand dramaturge du Royaume George Bernard Shaw, le directeur d’un prestigieux théâtre Bram Stoker futur inventeur de Dracula et une des premières femmes médecins de l’époque Mary Lawson, tous réunis sous la houlette de Sir Herbert Greville, éminent membre de la gentry londonienne. Ce dernier, devant le drame de ces meurtres sanglants et brutaux non élucidés par une police dépassée, décide de mener son enquête en s’aidant des quatre personnages, chacun introduit dans son milieu : la médecine, les milieux ésotériques et médium, le journalisme et l’écriture de romans plus ou moins policiers.

Et voilà la fine équipe réunie sous le vocable de Cercle de Whitechapel arrivant chacun son tour dans une sorte d’atelier décati, à l’image du quartier, lieu des crimes. Les personnages se confrontent, se jalousent, se piquent au jeu. De rebondissements en découvertes, de jeux de séduction en échanges musclés…la vérité va triompher, Conan Doyle, avec sagacité et quelques lenteurs responsables d’autres crimes, nous livre le coupable ! Etonnant.

Les acteurs sont formidables, valorisés par une mise en scène fluide et déliée. Stéphanie Bassibey en médecin libre et audacieuse, terriblement séduisante, Pierre-Arnaud Juin en Sir Herbert Greville, malin, directif et fourbe, Ludovic Laroche en Arthur Conan Doyle, plus vrai que nature dans ses déductions spectaculaires et ses conclusions parfaites, Nicolas Saint Georges en George Bernard Show, colérique, jaloux mais astucieux, enfin Jérôme Paquatte en Bram Stocker, débonnaire et un peu lourdaud.
Bref, un vrai moment de plaisir que de suivre le jeu enlevé des acteurs, l’énigme haletante et la fin étonnante.
Courez-y !

Toutes les photos sont signées « L’instant d’un  regard ».

Au Lucernaire, Le Cercle de Whitechapel de Julien Lefebvre, 53 rue Notre Dame des Champs 75006 Paris, tel : 01 45 44 57 34.