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Vigée le Brun : la beauté subtile en peinture

 

MAIL_La duchesse de Polignac

 

Une première rétrospective consacrée à l’œuvre d’Elisabeth Vigée le Brun, magnifique de beauté et de subtilité. Car il ne suffit pas de peindre une dame de l’aristocratie, la reine de France ou un personnage d’Etat, il faut aussi laisser percevoir son caractère. La, tout le talent !

MAIL_Marie-Antoinette en grand habit

A une époque bien lointaine des photos, campagnes de pub, réseau socio et diffusion en un éclair à l’autre bout du monde, le XVIIIe a su néanmoins utiliser la peinture de portrait comme instrument de propagande à son avantage. Ainsi, admire t’on deux peintures centrales exposées au Salon de 1787, d’un côté le portrait de la reine Marie-Antoinette entourée de ses enfants, soucieuse de redresser son image de femme dépensière et superficielle, de l’autre l’auto portrait de cette artiste serrant sa fille sur son coeur, emblème même de la « tendresse maternelle », incarnant à la fois la mère et l’artiste pressée de travail.

D’origine modeste, un père portraitiste de talent, une mère coiffeuse, Elisabeth Vigée le Brun est née à Paris en 1755. A 19 ans, orpheline de père, la jeune femme talentueuse déjà, est reçue maitre peintre au sein de l’Académie de Saint Luc. Elle se marie en 1776 avec un marchant d’art renommé, Jean-Baptiste Pierre le Brun, ce qui l’empêche de rentrer à l’Académie royale de peinture et sculpture , mais booste sa carrière de peintre au prés d’une clientèle d’abord bourgeoise qui s’élargie à l’aristocratie puis à la reine Marie-Antoinette.

 

Madame VigÈe-Le Brun et sa fille, Jeanne Marie-Louise (1780-1819)

Sa carrière longue fut nomade, exil pendant la Révolution, émigration à travers l’Europe où elle travaillera en Italie, Autriche, Russie, Angleterre et Suisse, avant de revenir en France sous le Consulat et l’Empire

Son génie qui lui fait supplanter tous les artistes de l’époque, tient à la maitrise

de la science des couleurs, l’invention de toute une gamme de poses et de costumes pour apporter une grande variété à ses portraits, une audace dans l’improvisation doublée d’une grande sensibilité qui lui fait saisir le trait de caractère à mettre en avant.

Admirons ici plus de 150 œuvres, venues des musées du Louvre, du château de Versailles, de Saint-Petersbourg, de Vienne et de collections particulières, peintures d’une femme exceptionnelle opiniâtre, travailleuse qui fit de son pinceau une arme autant qu’un charme !

 

Exposition Vigée Lebrun, du 23 septembre au 11 janvier 2016. Grand Palais.

Fragonard, éternelles beautés et galanteries



72dpi_Le baiser

 

Il est le maitre de la peinture du XVIII e siècle avec ses élans, son mouvement, ses teintes chromatiques et son esquisse libertine, c’est Jean-Honoré Fragonard bien sûr, justement célébré dans son audace polissonne au musée du Sénat, pour la première fois !

Courrez-y.

72dpi_Colin Maillard

L’esprit des Lumières est marqué en ce milieu du XVIII e siècle par ce sensualisme venu d’Angleterre avec la question qui occupe les esprits : sentiment ou sensualisme, question cruciale au cœur des préoccupations philosophiques, littéraires et artistiques. Le jeune Fragonard (1732-1806), formé par le grand maitre François Boucher, fait preuve d’une sensibilité neuve dans ses compostions mythologiques à la mode. C’est le thème choisi et développé aujourd’hui à travers 80 œuvres connues ou confidentielles prêtées par certains musées du monde entier.

Jean-Honoré Fragonard fut un peintre très complet, allant du paysage, à la peinture d’histoire, du portrait, aux scènes de genre et aux grands décors…Laissant libre cour à son style, son envolée, son touché, le tout lié à une belle technicité, ce grand artiste reste un grand maitre ! Le genre érotique qu’il maitrise parfaitement, laissait à penser qu’il eut une vie amoureuse torride ? Il n’en est rien, on sait qu’il fut bon époux avec son épouse Marie-Anne Gérard, bon père de famille, d’après les témoignages de l’époque.

 

NM 5415

Il nous laisse ne œuvre magistrale, annonçant avec le triomphe du libertinage, l’essor d’un amour sincère et sensible prémisse du mouvement romantique du XIX e siècle.

Il faut admirer, entre autres merveilles, l’Aurore triomphant de la nuit (1755 environ), Le baiser gagné (1759 environ), Le Verrou interprété différemment (1777) , le Baiser reste une toile admirable, dans la suggestion et le traitement chromatique.
A voir absolument.

Le baiser volÈ

Musée du luxembourg, 19 rue de Vaugirard 75006 Paris. Jusqu’au 24 janvier 2016.

Angelina-Luxembourg---VenusEt une pâtisserie, une !!

Il faut évidemment choisir « Vénus », en harmonie avec l’exposition du Fragonard libertin !

Une création légère et élégante, fleur délicate couleur rose poudré, au cour de crumble croustillant, framboise, litchi et mousse à la rose. Une concordance parfaite avec les œuvres du grand peintre ! 9,30 euros au salon de thé Angélina ou 7,50 e à emporter.